Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 14:17
Aujourd'hui 27 octobre 2009 est jour de fête pour Ariane !!!!

Une Odeur d’Enfance : ariane grimm

Conférence par Philippe Lejeune

Mardi 27 octobre 2009, 20h.

  Société des Arts de Genève : Palais de l’Athénée

Ariane Grimm, 7 ans, entreprend de tenir son journal : elle s’y reprend à cinq fois, tâtonne, avance… À travers ses carnets, ses dessins, ses lettres, on la verra, entre 7 et 11 ans, apprendre à maîtriser le temps et devenir une personne.

Non pas le parfum d’une enfance souvenue, mais l’odeur d’une enfance vécue, mise en couleur, à même le crayon et le papier… (Avec projections) (LIEN)











































Comme le récit de l'accident de vélo que vous avez pu lire hier (dans mon dernier article) risquait de vous tirer les larmes des yeux, je souhaite que cette "résurrection" vous fasse très grand plaisir.
A demain pour la suite du récit "L'accident de vélo".

(Source dite Grimm)




Partager cet article
Repost0
24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 11:36

Dans les "lettres écrites dans les cahiers de mémoire", c'est-à-dire les lettres qu'Ariane a insérées dans son journal, y compris les lettres qu'elle adresse ou qu'elle reçoit de sa mère: "Grimm", nom qui sonne comme un crachat, on pourrait penser avec raison qu'elle la détestait.... Heureusement, il est des circonstances dans lesquelles Ariane "appelle" cette bonne ou mauvaise mère d'un joli nom : "Source". Par exemple lorsqu'Ariane fait le récit de l'accident de vélo qu'elle a eu à 15 ans, qui est comme la répétition générale de l'accident de moto dans lequel, 3 ans plus tard, elle trouva la mort. 

C'était le : Vendredi 30 juillet 1982

  Cette date est mémorable. Elle représente la journée la plus atroce que j'ai vécue dans ma vie. J'aimerais oublier à tout jamais l'abominable accident que j'ai eu en bécane ce midi.

  Quel souvenir amer!

  Quelle souffrance physique et même morale. J'ai l'impression de vivre une autre vie, je suis infirme. Je me sens faible, vulnérable, anéantie. Plus jamais je recommencerai mes exploits en meule. C'est fini de flamber à toute blinde sur la côte d'Azur! Mon engin est complètement morflé aussi. Moi, je suis traumatisée, je vis dans un cauchemar, je tremble à tout instant.

   Mais enfin que je vous raconte les circonstances terribles de mon massacre.

  Je roulais à vélo (plus haut, on peut croire qu'il s'agit d'une moto. Eh non! Heureusement d'ailleurs pour une fois) et puis je me disais: «Putain! quelle vitesse. Si j'avais une bécane, vous vous imaginez la flambe! Tiens, il n'y a pas de voiture, profitons-en pour tourner d'un seul coup sans freiner!»

  Et VLAM! Une caisse me saccage, me renverse sur la chaussée. Je suis traînée sur le trottoir sous les regards de tous les passants. C'est atroce. Je sens que j'ai un truc cassé tellement j'ai mal. C'est intolérable. Je râle de douleur. Une auréole gigantesque tache mon fut’ blanc. Le conducteur m'aide à le virer. Atroce! Je ne peux même plus regarder! Je tremble, je sanglote, je vois tout en blanc. Je m'allonge. Les secours sont appelés et j'attends, j'attends...


 

  Papa arrive. Un réconfort. Je suffoque. Que l'attente est longue! J'ai atrocement mal, je transpire, je grelotte, je tremble. Tous les gens sont figés sur moi, regardent ma blessure. Je suis morte de honte...

  Car quelques instants avant, je frimais à mort en fonçant parmi les gens ‑ les mêmes, qui me revoient en sang agonisant sur le trottoir. Mon vélo est complètement tordu, enfoncé, et ce qui l'a enfoncé, c'est ma jambe, en particulier un point. C'est là que j'ai eu ma perforation. C'est seulement par un point que toute la bécane est morflée. Oui, je sais pas trop quoi m'a enfoncée, m'a perforée ‑ peut‑être la pédale ‑ mais j'ai un énorme trou d'un centimètre de diamètre, profond, profond, rouge, d'où sortent des mares de sang. C'est abominable, j'ai un gros cratère dans la jambe. C'est la première fois que je vois un trou, un immense trou dans la peau. C'est hallucinant. Jusqu'où va‑t‑il? Les bords sont rentrés, ce trou est béant, gigantesque et profond. C'est absolument infect.


  Vous savez, dans ma frayeur, c'était pas le sang qui m'a fait peur mais le trou béant. Et puis tous ces gens qui me mataient comme une bête curieuse, y compris un mec avec qui je pouvais sortir! Me voir, ensanglantée, misérable, par terre, à cause d'un vélo… quelle humiliation! Ensuite se faire embarquer par les  pompiers.

  Voilà pour les douleurs morales. Et puis physiquement, c'est pratiquement intolérable. Je sens des tumeurs partout. Je vois des nouvelles blessures à chaque endroit. Je suis parsemée de sang...

  Dans l'ambulance... c'est interminable. Je ne tombe pas dans les pommes du tout. Je souffre terriblement. Tous mes muscles sont endoloris. Que cette douleur est intense et vive! A l'hôpital, enfin! on m'emmène pour des radios et ouf! j'ai rien de cassé! Papa est là.

  Je suis pas très consciente de ce qui se passe. J'ai juste peur pour les points de suture du trou béant. Enfin, on m'installe et on fait l'anesthésie. Je sens rien mais je sais qu'un gars me transperce la peau avec une aiguille...

  Je saute quelques détails de seringues enfoncées pendant quelques minutes pour vaccinations.

  Car le pire c'est que je suis complètement endolorie. J'ai des douleurs partout, et même à l'arrêt.

  On me ramène, morte de souffrance. Je m'allonge et je peux pas me relever.

Si Source m'avait vue agonisant sur le trottoir avec mon trou béant, comme un puits pissant le sang, inondant la surface de mes jambes...


Partager cet article
Repost0
22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:16
Parmi les "Lettres dans les cahiers de mémoire" que je vais introduire dans le site Ariane Grimm pour la prochaine "mise à jour" du site (lien), je vous ai montré - hier - la lettre-mot qu'Ariane avait écrite et collée dans son cahier. Destinée à "Grimm", sa mère, Ariane précisait :
Ici un mot que j’ai écrit à Grimm. Ça m’a bien défoulé.
Je ne lui ai pas donné car ça l’aurait quand même blessée.


Voici une autre lettre qu'Ariane a insérée dans son journal. Une lettre de Grimm cette fois:

Cahier n°14. « Banana » (15 ans).

J’ai dit à Grimm : “Je suis dans un pessimisme perpétuel.” et voici sa réponse. Je suis touchée.

Le 26 mai 1982

« Ariane. Le pessimisme profond dont tu m’as parlé est normal. Il s'y ajoute peut‑être le désarroi. A l'heure actuelle, en effet, tu es «nulle part». Tu attends. Tu n'es pas vraiment à la maison, tu n'es pas encore chez ton père.

Et puis, au printemps, il se passe plein de choses en nous, surtout à 15 ans.

Donc, ne t'étonne pas que tu aies envie de tout... et aussi envie de rien.

En tout cas, en toute circonstance, je suis ton amie. Sache‑le. Je t'aiderai. Je te comprendrai. Je te soutiendrai. Compte sur mon indulgence, mon aide, mon appui; quoi qu'il arrive, tu pourras toujours m'appeler: je serai là.

Ta maman


............

 

Gisèle grimm, la transcriptrice



Partager cet article
Repost0
21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 12:15
La Lettre Pas Envoyée ? Eh non!!!
Je poursuis la prochaine mise à jour de novembre (une par mois!) du site Ariane Grimm (Lien) intitulée Lettres dans les cahiers de mémoire, dans laquelle j’ai regroupé quelques-unes des lettres qu’Ariane a reçues et collées dans ses cahiers, celles qu’elle a envoyées (et copiées à l’aide d’un papier carbone), et aussi les lettres et les « mots » qu’elle n’a pas envoyés ou plutôt... pas donnés :

 


Cahier n°13 « Fauves » (14 ans et demi) :


 (3 décembre 1981) Ici un mot que j’ai écrit à Grimm. Ça m’a bien défoulé. Je ne lui ai pas donné car ça l’aurait quand même blessée.

 


Ariane n’ayant pas donné le mot à Grimm (sa mère), il n’a pas été ouvert... mais il semble bien que dans ce mot, elle lui reproche sans aucune aménité d’avoir inspecté un des cahiers de mémoire de sa fille bien aimée (rhâ!) ...

 


A demain mes amis comme le dit si joliment notre amie Nettoue.

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 18:30
Oui, choses à faire quand on a rien à faire!   Autrement dit quand on ... s'embête!

Mais auparavent, voici le commentaire que j'ai reçu après la projection du film BONJOUR PETIT COPPER présenté vendredi (avant-avant-hier) aux élèves des collèges et lycées de la région lors de la première journée du week-end d'animation Ecrire sa vie à Ambélieu (Lien) dont je vous ai moultes fois entretenus.

Bonjour Madame Grimm,

Je suis élève en 1ère Littéraire à Ambérieu et j'ai assisté hier à la conférence de Philippe Lejeune. Il est vrai qu'il est regrettable que vous n'ayez pu y assister, mais je peux vous assurer que c'était vraiment formidable. Le film était très émouvant et bien fait.Les vidéos d'Annick insérées dans le film donnaient un certain pincement au coeur.Ce devait vraiment être une fille formidable.Nous avons appris beaucoup de choses durant ces 3 heures.
Merci à vous d'avoir pris l'initiative de publier ses journaux intimes, ainsi que d'avoir "fait réaliser" ce film où parfois, ayant à peu près le même âge, on se reconnaît très bien.
Félicitations pour tout votre travail et votre courage.
Je reviendrai très bientôt visiter votre site.

Mélodie

 

Quel bel encouragement à continuer! J'ai voulu vous faire partager ma joie. Et voici la page annoncée du journal d'Ariane :


19 février 1982 - (Cahier n°14 "Banana") - C'est à Line, son double, qu'Ariane donne des conseils quand elle s'embête et ne sait pas quoi faire :


Choses à faire quand on a rien à faire.

Première chose à faire: ne pas s'en faire.

Ma petite Line, tu t'emmerdes? Tu n'as rien à faire? Tu ne sais pas quoi glandouiller. Tu traînes ta grolle devant la glace ou tu fais la chandelle sur la moquette.

Tu n'aimerais pas t'installer peinard sur ton lit pour lire «OK magazine» ou t'instruire avec  « Phosphore » ? Bof! Si ça t'emmerde, lis carrément ton bouquin sérieux ou feuillette une B.D.

Tu n'as peut être pas envie de lire, Line. Seulement les photomontages? Ou les longues histoires de Line et ses copains ?

Et puis, à part ta fatigue, tu as le moral? ... Ecris tes mémoires sur the Banana. Analyse tes problèmes. Non?

Et sinon, va faire ta toilette, prépare tes vêtements, et même refais un inventaire de ton armoire. Occupe‑toi de tes comptes aussi sur ton bel agenda. Non?... Tu peux t'emmerder au courrier, au téléphone. Va voir aussi tes timbres et tes photos.

Je suis sûre aussi qu'il te faudrait d'autres cassettes de Disco pour ta chaîne. Branche ta hi­-fi sur NRJ et enregistre quelques tubes.

Peut‑être, Line, peux‑tu aider Grimm dans les tâches ménagères? Vaisselle...

[...] Mais, j'allais oublier! Ce qui occupe le plus ton temps: les devoirs d'école. Il y a un exo de maths à faire, une révision d'allemand, une leçon de latin à revoir. Va voir ton cahier de textes.

Sinon, Line, sors un peu ou regarde la T.V., prends même un bain?!

Allez, Titou!


Gisèle Grimm, la transcriptrice

 

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 19:50
Aujourd'hui, première journée du week-end d'animation qui a lieu en ce moment à AMBÉRIEU, la ville de l'Autobiographie. Le Fim "Bonjour petit Copper" y a été présenté aux élèves des collèges et lycées de la région (Lien). Cela, je vous l'ai dit hier!
Restée à Paris, je n'ai pu assisté hélas au débat qui a suivi la projection mais cela ne m'a pas empêché de songer à la prochaine mise à jour du site Ariane Grimm "LETTRES ET JOURNAL" et de trouver des trucs amusants. Par exemple, la page qu'Ariane (Annick de son vrai nom) s'est écrite pour "se réconforter":


12 juin 1983 - Minuit - Bien sûr, je n'arrive pas à dormir. C'est quand même bizarre la vie. Pourquoi existe-t-elle? Et s'il y avait eu le néant?! C'est la chose la plus effroyable que l'humain puisse imaginer. Voyez-vous, cette seule pensée me fait trembler. C'est vraiment le paroxysme de l'horreur.

Il y a un truc qui m'énerve: c'est que je ne connais pas de mots assez forts pour exprimer parfois mes sentiments. «atroce», «paroxysme» rendent assez bien mes idées mais c'est insuffisant.

Putain, je glande encore. Tiens, je vais faire une petite page pour me réconforter :


Ariane, (Annick)

D'abord, si tu as le cafard, va te regarder juste une fois dans la glace. Au moins, tu es belle, alors tu peux profiter de cette qualité d'une façon formidable.

Mais c'est le moral qui ne va pas?

Tu n'as pas le droit d'être malheureuse. Tu as un caractère formidable. Et surtout, tu es intelligente. Il y a une multitude de choses que tu peux comprendre et pas les autres.

A partir du moment où tu les as comprises, tu es sauvée.

Un truc doit t’emmerder: tu glandes et tu ne peux faire autre chose !

D'abord, sache que tous les autres, ils glandent aussi, et même, ils repiquent. C'est-à-dire qu'ils ont paumé une année... Et toi, tu te plains de paumer quelques journées!

Le principal, c'est que tu sois heureuse.

Ariane (Annick)

(Cahier de mémoire n°17 "Vanilla" - 16 ans)

 

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 13:13
Je vous rappelle que Ecrire sa vie sera le thème du prochain week-end d'animation organisé par l'Association pour l'Autobiographie qui aura lieu samedi et dimanche prochain : 17 et 18 octobre 2009, à Ambérieu en Bugey (ville de l'Autobiographie) dans divers lieux de la ville: à la Grenette et à l'Espace 1500  (lien):

avec notamment:

- la Présentation aux scolaires du collège et du lycée du film Bonjour petit Copper (film sur le journal d'Ariane Grimm). Il sera présenté par Philippe Lejeune et sera suivi d'un  débat;
- Une lecture spectacle autour du Premier homme d'Albert Camus;
- La présentation du film Loin de moi de Jenny Saastamoinen en présence de l'auteur;
- La vie, autobiographie ou fiction, une rencontre débat entre Emmanuelle Pagano et Philippe Vilain.

- Présentation d'exposition et ateliers d'écriture.

 Voici la page du cahier n°4 "La courbe d'humeur" que vous avez pu voir hier

Ariane a 11 ans et demi, elle est en 6ème et elle fait le récit d'une journée ordinaire au collège, récit qu'elle accompagne d'une courbe de satisfaction: On voit que le meilleur de la journée est le Goûter chez Mamie; l'Histoire : pas mal non plus;  mais le pire, c'est la Musique!!!





Gisèle Grimm, la transcriptrice



Partager cet article
Repost0
13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 15:36
Cette nuit, je suis demandée si c'était une bonne idée de faire lire quelques-unes des pages des derniers cahiers du journal d'Ariane Grimm, cahiers de ses 14, 15, 16 ans.
Les tout premiers cahiers, ceux qu'elle a écrits quand elle avait entre 10 et 13 ans, m'exposeraient peut-être moins aux critiques, me disais-je au cours de la nuit, inquiète malgré tout. Car j'ai du mérite! En transcrivant le long journal d'Ariane, je ne me suis pas censurée du tout ! Acte de contrition?....Question pas fastoche!
Moins dangereuse pour ma réputation, voici une page du cahier n°4. Ariane a 11 ans et demi, elle est en 6ème et elle fait le récit d'une journée ordinaire au collège, récit qu'elle accompagne d'une courbe de satisfaction: On voit que le meilleur de la journée est le goûter chez Mamie; l'histoire : pas mal non plus;  mais le pire, c'est la musique!!!


En haut à gauche, à côté d' une vignette représentant Lucky Luke et les Dalton, Ariane dessine Limine, la cow-girl dont elle raconte les histoires dans les romans illustrés qu'elle compose. Limine vit ses aventures en compagnie de sa jument noire, Black Beauty. Vous pouvez lire ces aventures (ICI) dans le site qui est consacré à ses écrits (et lire aussi d'autres pages des "cahiers de mémoire"....)

Gisèle Grimm : la transcriptrice et la personne en charge de la photocopie.

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 16:54
Ce matin, je n'avais pas envie d'entendre ni d'écouter mes radios préférées (France-Inter, France....). Aussi, l'idée m'est-elle venu d'aller jeter un oeil dans la grande boîte cachée au fond d'un placard dans laquelle sont enfouies les vieilles K7 qu'Ariane et moi avions enregistrées dans le temps jadis.
L'une d'elle : Juin 1971 - Ariane a 4 ans!
Sur la K7 était écrit: "Nous chantons ensemble ou à tour de rôle les chansons et les récitations que tu as apprises à l'école".
J'entends (et j'écoute!) :
"Une semaine a sept jours. Cinq sont longs et deux sont courts. Les écoliers travaillent en classe: lundi, mardi, mercredi... Les jeudis et les dimanches, adieu devoirs et leçons.
Les écoliers, sous les branches, chantent comme des pinsons."

         (C'est ainsi que les enfants apprennent ce que sont les rimes)
Une autre, crie Ariane!
"Mars : Mois joli, mois chéri.
Tu es comme un enfant qui pleure et qui rit,

qui ne sait pas ce qu'il veut : le soleil ou la pluie."

Encore!
"Floçons, papillons, la fenêtre, la fenêtre
Floçons, papillons, la fenêtre est en coton."

Je reconnais que tout ça est un peu cucul la praline...

Rassurez-vous, je songe aussi à la prochaine mise à jour du site Ariane Grimm (lien), intitulée "LETTRES ET JOURNAL" et pour laquelle je retranscris les lettres qu'Ariane a reçues et collées dans ses cahiers de mémoires (nom qu'elle a donné à son journal) et  celles qu'elle a écrites à ses amis (et amies) et surtout à sa mère appelée "Grimm".
  Alors voilà, dans le cahier de mémoire n°14 "Banana", (Ariane va avoir 15 ans), j'ai trouvé :

"Ici, un mot que j'ai écrit le soir même après une crise avec Grimm. Elle l'a lu. J.F. le lira. (J.F. est le psychanalyste d'Ariane)

Pour Grimm

Que diriez‑vous si vous étiez peinard dans votre lit accompagné d'une douce musique et feuilletant un bouquin… qu’une ignoble bonne femme vienne vous taper, vous arracher vos écouteurs ? Eh bien moi, je viens d'être victime de cette agression.

Pour plus de précision, je dois vous dire que je commençais à m'endormir quand une mocheté ambulante à poil fit son apparition et me frappa.

Tachons d’expliquer ce comportement d'aliéné propre à une seule personne : Grimm, une pauvre vieille femme qui a des problèmes mentaux très graves : elle s'est attaquée à moi dans l’intention que je m’endorme.  

Et maintenant, réfléchissons. En effet, il est vrai qu’il fallait que je me couche. Mais croyez‑vous que le meilleur moyen pour qu’un enfant tombe dans le sommeil soit de le frapper ? Large preuve de stupidité, de bêtise, et digne de Grimm.

Le meilleur moyen de lutter contre ce monstre: l'indifférence. Et puis, je sais que l'année prochaine, je serai enfin chez mon cher Papli, à l’abri de tout Grimm !

Une bonne perspective qui me donne du courage.

 

 

Gisèle Grimm (la transcriptrice)




Partager cet article
Repost0
6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 17:15
Je vous ai déjà parlé de "l'enfance nue", comme l'a appelée dans son film Maurice Pialat (ICI). Même notre ami Liedich en a fait dernièrement un très beau et dramatique poème : CANIVEAU (ICI encore).
Il y a mille façon pour un enfant d'exprimer sa souffrance. Toute petite fille puis plus grande, Ariane Grimm ne s'en est pas privé, comme un besoin de dire, de parler et aussi d'écrire:

Jeudi 23 août 1979 - (elle vient de passer une partie des grandes vacances avec son père et son petit frère (5 ans) au Club Med à Roussalka, en Roumanie. Elle a 12 ans):

 

Ce soir, au dîner, Florian fait que de rester sur papa. Ils se câlinent, s'embrassent. Je reste seule dans mon coin. J'en ai les larmes aux yeux. J'ai envie de tuer Florian, lui faire mal!

Sale petit con! Il a tout! Les jouets, l'argent à 5 ans, trois maisons, trois chambres, pourri, gâté, gâteaux, bonbons, livres (au pluriel), habits... Et même de l'amour! beaucoup d'amour! Mais, dans tout ça, j'en crève qu'il m'enlève l'amour de mon père. C'est ce qui compte le plus pour moi.

Dès que j'ai quelque chose de plus que lui, je ne reste pas seule à l'avoir jusqu’au bout d'une journée... D’accord! Mais depuis qu'il existe, papa s’occupe moins de moi, parle moins de moi, même plus du tout!

Et quand j'étais petite, à un an, je n'avais pas de jouets d'anniversaire, pas tant de cadeaux, et papa ne m'aimait pas puisqu'il était avec Odile et j'étais seule avec maman. A 5 ans, je n'avais pas d'argent jusqu'à 200 francs mais 0 franc! Je n'avais pas de père, de chien, de compagnie. Je ne m'amusais pas comme lui.

Mais quelquefois, à la tour EVE, quand papa câlinait Florian, je restais bête à rien faire alors je m'asseyais à côté de Chloé (la chienne) lui administrant quelques caresses tremblantes de chagrin. Mais encore, je n'étais pas très jalouse. C'est à Roussalka que j'ai vu vraiment la vérité.

Papa a beau me rassurer mais je sais, je vois son comportement: il préfère Florian. Et maintenant, pour moi, il n'y a que papa qui compte, sauf si on me l'enlève.

Je suis horriblement triste. Alors à table, je sors et j’explique brièvement à papa que je vais au cabinet. Là, j’éclate en sanglots.

Il me console.

Bonsoir.

signe « bonne journée...» (Cahier de mémoire n°8)

 

Gisèle Grimm, la transcriptrice

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : autobiographie
  • : Description : Je suis la mère d'Ariane Grimm (1967-1985), dont vous voyez ici la photo. Ariane est une jeune diariste qui a beaucoup écrit et dessiné dès l’âge de sept ans et demi… et jusqu’à dix-huit ans. Après sa disparition dans un accident de moto, j’ai fait publier les dernières pages de son journal chez Belfond (1987), puis « j’ai lu » (1988), et je publie ici ce qu’elle avait précieusement « archivé » et qu’elle appelait ses «œuvres": des pages de son journal que je présente en liaison avec l'actualité, ses histoires inventées ou... qui se sont réellement passées, ses bandes dessinées, ses conseils donnés dans un "livre de potions"... Vous trouverez aussi toutes les actualités concernant cette petite fille "écrivaine" et dessinatrice.
  • Contact

Recherche