17 février 2009
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Ce matin, je marchais d'un bon pas au Jardin des Plantes en imaginant que je mettais mes pas dans ceux de Jean-Jacques
Rousseau qui, paraît-il, allait s'y promener. J'allais aussi souvent dans ce jardin avec Ariane Grimm, petite fille puis grande fille de 15 ans. Dans ce temps-là, elle écrivait son journal et
l'appelait, vous le savez, mes cahiers de mémoire. Je ne crois pas qu'elle ait su ce qu'était un
journal intime (mot assez suspect). Et sans doute, comme Jean-Jacques Rousseau, pensait-elle qu'elle
formait une entreprise qui n'eut jamais d'exemple. Voilà pourquoi elle en parlait sans cesse, même dans ses lettres, voilà pourquoi elle le décorait et désirait le rendre unique. Soyons franc, elle a bien réussi, c'est du moins l'avis de Philippe Lejeune, spécialiste de l'autobiographie: Cliquer sur le lien ; http://autopacte.org/"Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi, seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jeté, c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu. "
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions (1765-1770),
incipit.
(Gisèle Grimm, la promeneuse)