Je viens de lire que "L'écriture est un art comme les autres dont il faut maîtriser les outils, même pour une pratique amateur" (Cahier du "MONDE" 20 mars 2017).
Tiens!
Plus loin, je lis encore: "Un texte mérite les corrections les plus sévères si l'on veut que le lecteur le trouve souple et facile. Le naturel n'est pas spontané, on ne l'obtient qu'à force d'ajustements."
Mince !
Ariane Grimm ne s'est pas posé toutes ces questions. Elle écrit... comme elle parle:
Vendredi 30 juillet 1982
Cette date est mémorable. Elle représente la journée la plus atroce que j'ai vécue dans ma vie. J'aimerais oublier à tout jamais l'abominable accident que j'ai eu en bécane ce midi.
Quel souvenir amer!
Quelle souffrance physique et même morale. J'ai l'impression de vivre une autre vie, je suis infirme. Je me sens faible, vulnérable, anéantie. Plus jamais je recommencerai mes exploits en meule. C'est fini de flamber à toute blinde sur la côte d'Azur! Mon engin est complètement morflé aussi. Moi, je suis traumatisée, je vis dans un cauchemar, je tremble à tout instant.
Mais enfin que je vous raconte les circonstances terribles de mon massacre.
Je roulais à vélo (plus haut, on peut croire qu'il s'agit d'une moto. Eh non! Heureusement d'ailleurs pour une fois) et puis je me disais: « Putain! quelle vitesse. Si j'avais une bécane, vous vous imaginez la flambe! Tiens, il n'y a pas de voiture, profitons-en pour tourner d'un seul coup sans freiner! »
Et VLAM! Une caisse me saccage, me renverse sur la chaussée. Je suis traînée sur le trottoir sous les regards de tous les passants. C'est atroce. Je sens que j'ai un truc cassé tellement j'ai mal. C'est intolérable. Je râle de douleur. Une auréole gigantesque tache mon fut’ blanc. Le conducteur m'aide à le virer. Atroce! Je ne peux même plus regarder! Je tremble, je sanglote, je vois tout en blanc. Je m'allonge. Les secours sont appelés et j'attends, j'attends...

Dans ce cahier, Ariane raconte comment elle a trouvé la mort (lire le début de ce récit plus haut)
Et voici ce qu'elle écrivait à 7 ans et demi... sans passer par un atelier d'écriture!