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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 19:26
Anne Frank avait entendu à la radio un appel du gouvernement néerlandais en exil à Londres, demandant qu'on garde des témoignages sur la vie aux Pays-Bas sous l'occupation nazie. Aussitôt, Anne pense à son journal, mais le juge mal écrit, bavard, trop intime. Malgré tout, elle décide de composer, à partir du journal, une oeuvre littéraire qui montrera  "comment nous, juifs, nous avons vécu, nous nous sommes nourris et avons discuté ici". [...] Anne rectifie le style et la composition. Le début du journal (en 1942, elle a treize ans) était rédigé de manière assez puérile, elle le réécrit avec la maturité de ses quinze ans. [...] Mais surtout elle "recadre" ce livre de témoignage : elle élimine tout ce qui touche à la sexualité, ce n'est pas le sujet, atténue ce qui a trait à sa mère, hésite sur la manière de raconter son histoire d'amour avec Peter, à laquelle, au moment où elle fait ce travail, elle a renoncé. (cf/ "Les journaux d'Anne Frank" dans Le journal intime - Histoire et anthologie - Philippe Lejeune et Catherine Bogaert, Textuel, 506 pages - Ariane Grimm y est très présente)

 


Si le journal d'Ariane Grimm est un monologue passionné qui s'est révélé tragiquement prémonitoire, il est évident qu'Ariane ne l'a pas censuré. Au contraire, elle pensait qu'il était en soi une oeuvre importante, pour ne pas dire "unique". Et si elle en interdisait  la lecture par un avertissement liminaire que l'on trouve dans chaque cahier: "La personne qui lira ce cahier sans la permission de son propriétaire ne sera pas hors de danger" , elle en parlait souvent, y compris dans ses lettres (lien).   Nul doute qu'elle ait voulu s'assurer que son journal ne resterait pas dans l'oubli. Alors, ne l'oublions pas et ne le censurons pas: 

Dimanche 8 mai 1983 - (Cahier n°17 "Vanilla").
  • Mon anniversaire. Hier, la soirée s'est divinement bien passée. J'ai été sublime. Les deux mecs que je préférais ont dansé les slows avec moi. C'était extraordinaire. L’amour, c’est vrai, est la chose la plus divine au monde.  
  • J'ai frémi de tout mon corps quand José m'a prise dans ses bras. Il m'a un peu serrée, c'était sublime. En ce moment, je me sens un peu abandonnée mais je m'adore quand même. 
  • Je ne peux plus lire, je pense à José. Je voudrais tellement qu'il soit là.   
  • J'ai brillé comme c’est pas possible. Je suis formidable. Je suis tellement chouette physiquement et moralement. Maintenant, je commence à être cultivée, à avoir un point de vue. Je m'adore et j'ai 16 ans.Gisèle Grimm, la transcriptrice 

 

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 18:08

"La lecture d'un journal sur un cahier garde toute sa fraîcheur" écrit Philippe Lejeune, le spécialiste du "journal personnel". Il ajoute, "Ce n'est pas le cas quand le journal est imprimé et devient un livre".

J'en suis bien consciente! La preuve: A gauche, un fac-similé d'une page du journal d'Ariane (cahier n°16, intitulé "Pop Corn"). Elle avait 15 ans. 


En voici la transcription littérale:

  •  Mardi 12 octobre 1982 -  Je suis triste, triste. C'est franchement par vagues. Généralement, je suis en dépression quand j'ai eu une mauvaise note injustifiée. C'est comme un coup au coeur. J'ai terriblement envie de pleurer. Je trépigne. Ça m'énerve à un point dingue. Sinon c'est le dimanche ou le mercredi (la reprise des cours).
  • Je suis énervée. J'aimerais tout casser, mais je me sens tellement faible.
Sur la page de droite, une moto:  "Celle que j'aurais eue à 16 ans (sans permis)"

On le voit: l'image d'un côté, la transcription de l'autre, c'est tout autre chose!
C'est vrai: un journal intime est souvent répétitif, mal écrit, sauf s'il est écrit par un écrivain célèbre qui compte bien le publier pour sa postérité et qui "travaille son style". Alors, forcément, pour présenter le "tapuscrit" d'un journal à un éditeur... on gomme les faiblesses de style, les naïvetés, les répétitions... Un brin de toilette, un brin de censure...
Voilà les questions que je me pose pour le journal d'Ariane qui n'avait pas envisagé de le publier mais le considérait comme quelque chose d'unique, d'exceptionnel, et dont la publicaton en 1987 (Belfond) et 1988 (J'ai lu") est aujourd'hui -
hélas - "épuisée". Le livre, qui s'appelait : "La flambe, journal intime d'une jeune fille" était pourtant fidèle à ce qu'avait écrit Ariane...
Aujourd'hui, vais-je me permettre une "remise en forme" ou garder "le premier jet" avec une multitude de fac-similés, histoire de prouver que ce qui est écrit est authentique? Ça en vaudrait la peine... Mais à quel prix!!! Quel éditeur s'y risquerait...
Pour celles et ceux qui prépareront l
e Bac l'
année prochaine et pour les autres que le "journal intime" et son origine intéressent, je vous invite à regarder le site de Philippe Lejeune (lien) qui a découvert et lu intégralement le journal d'Ariane et sur lequel il a fait de nombreuses études et conférences. Il est même, petite anecdote, à l'origine du site Ariane Grimm, c'est tout dire!

Gisèle Grimm, la transcriptrice

 

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 18:27
"Je dis tout, tout, tout" écrit MARIE BASHKIRTSEFF (1858-1884) qui a tenu son journal sans interruption de 1873 (elle avait 14 ans) à sa mort en 1884 (elle allait avoir 26 ans). En 1877, elle a commencé à apprendre la peinture à l'Académie Julian, et quand elle est morte elle avait déjà une certaine notoriété comme peintre : Voir Philippe Lejeune, spécialiste de l'auotobiographie: (ICI)

Ariane, elle aussi a tenu son journal - et depuis 7 ans et demi. Elle aussi a dit tout, tout, tout...  "Ça me permet de me confier en me réconfortant, sans être humiliée ni tourmentée par la vérité, et de raconter très simplement, sans en rajouter, ni passer à la passoire, ce que je suis."

 

Voici un petit extrait d'un de ses cahiers, Cahier n°13 intitulé "FAUVES". Elle a 14 ans et demi:

 

Lundi 15 février 1982 - Je viens d'embrasser sur la bouche Laurent. Je suis dans le métro et je suis tellement excitée que j'écris. Je ne peux plus tenir. C'est la première fois que j'écris mes mémoires entre deux stations ainsi. Je suis morte! Je n'en peux plus. J'ai envie de tout casser, de frimer, de mordre, de me suicider, en même temps, de me rouler avec lui dans le sable.
Oh! je n'en peux plus. Je ne peux plus rien faire. J'ai surtout peur de passer pour une conne. Que faire? Je ne peux plus rien faire. Si j'allais le chercher? Oh non! c'est hors de question.
Il faudrait seulement attendre... Je n'en peux plus. Laurent, je t'aime. Je voudrais tout casser. Je ne pourrai pas attendre. Que faire? Suicide?
Je ne peux pas me calmer.

Ci-contre, sur mon cahier, (je suis calmée mais peux exploser!), ce sont des larmes qui ont réussi à s'échapper. Je pense à lui. Si j'allais le chercher?


Eh oui! j'ai été le chercher. Je suis sortie deux fois avec lui! Je n'arrive pas à l'embrasser correctement. Il a dû se dire: "Quelle folle. Elle est mignonne mais elle n'a aucune expérience." J'ai peur de ce qu'il va penser!
7 heures 30 : Quelle histoire d'amour! Demain, je risque d'être très gênée. Que faire? Quelle attitude prendre? J'aimerais qu'il soit là.

J'ai l'impression que mon coeur bout à force d'avoir des impulsions. Dans l'oppression, j'ai accumulé un gros caillot qui me fait mal. C'est incroyable. C'est peut-être purement psychologique mais j 'aimerais que mon coeur change de côté tellement j'ai mal à gauche.

Gisèle Grimm, la transcriptrice des cahiers d'Ariane

 

 

 



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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 16:55
J'adore la radio! Il faut dire que notre radio (nationale) est fort divertissante et instructive. Aujourd'hui par exemple, j'ai pu écouter l'émission : "2000 ans d'histoire" sur France-Inter, dans laquelle Elisabeth Badinder nous a parlé de Madame du Châtelet  (je copie) "qui fut la compagne de Voltaire, traduisit le grand oeuvre de Newton et fut l'égale des savants de ce temps". Bref, une grande bonne femme!
A la fin de l'émission, il a été demandé à Elisabeth Bdinter si Madame du Châtelet avait été féministe? Madame Badinter a répondu: "Pas vraiment. Elle a été féministe pour les femmes de son milieu, mais pas pour les femmes en général."  
WOUAH!

Et que pensait donc du féminisme la petite Ariane Grimm quand, ne sachant pas encore écrire, elle dictait des histoires à ses babysitters? "Voici ce que je faisais écrire à un baby-sitter. Je crois qu'à un moment donné, il y a un truc sur les femmes, leurs conditions. Regarde toujours."
L'histoire, la voici:

2. André et Annie.

Condition féminine
Un jour, dans une belle petite maison, habitaient 2 enfants. Ils avaient un chien Abrador couleur normale. André était grand, Annie était plus petite et blonde. Elle se faisait souvent des nattes. Un jour Annie aperçut une bête étrange : c’était un renard. Etonnée, elle appela le chien qui s’appelait Moustache. Moustache aboyait. Il galopait dans la campagne car c’était les vacances et la famille était venue à la ferme. Les parents, Jacqueline et René, étaient étonnés et dirent : "Voyons ces mensonges, ça ne nous mange pas de pain". Alors le lendemain, les enfants et René vinrent examiner les bois : "Tiens, tiens, tiens, bizarre, où l'as-tu vu courir ? - Près de ce buisson. Restons un moment ici, ne faisons pas de bruit, chut !! "

2. Peu après le père dit "Bon, partons, nous verrons ça un autre jour" En arrivant à la maison maman se reposait sur le divan : "Comment, dit le père, tu n’as pas préparé le dîner !" - Monsieur René, osez-vous me parler sur ce ton ? Je suis bien fatiguée et d’ailleurs je fais toujours la cuisine et vous n’avez rien à me reprocher pendant que vous trottez à travers champs. "Femme, pourquoi me dis-tu cela ? Je sais très bien ce que je fais de mal mais vraiment dans la vie, il y a des gens qui me donnent mauvais exemple et je copie".
écrit par Véronique
inventé par Annick

FIN



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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 18:14
Il ne faut jamais oublier que c'est dangereux la moto. Ariane en était bien consciente:

Cahier de mémoire n°15: "Copper" - 3 septembre 1982 (15 ans) :

Il y a une chose qui m'inquiète dans les motos. C'est tous ces accidents provoqués par elles. Les statistiques sont hallucinantes. Dès que je parle de ma passion, les gens s'écrient et racontent un accident: Mon frère s'est ouvert le crane... le copain de ma soeur... etc. C'est pas possible. Qu'est-ce que c'est que ces accidents?

Écoutez! Quand je vois une moto grondant, se défonçant à toute blinde sur les routes, je n'arrive pas à penser que cette merveille peut tuer, massacrer ses passagers. C'est tellement idyllique. Ces beaux frimeurs qui me snobent sur leur engin, peuvent-ils vraiment être réduits en miettes?

II y a tellement de motos que je n'arrive pas à croire qu'elles puissent avoir un acci. Faudrait que je voie comment c'est. Là, je comprendrais. Ça me dégoûterait de ces chéries.

 

 

Heureusement, Liedish emmena un jour Ariane qui voulait absolument y faire un tour, sur la Mado, sa belle Harley Davidson. C'était début août 2009, avec un "commentaire", disons plutôt: un poème (ici):

 

A Ariane,

 

Allez viens donc mon ange, on va faire un bout d’route,

Chope moi par les épaules, souris et avant toute,

Offre ton visage au vent et brossons le lavis,

De nos rêves de gamin à leur filer l’tournis.

 

Allez viens mon Ariane, on va’sfaire une montagne,

Et on va mettre not’vie dans le plus beau des pagnes,

On y pos’ra nos rêves , on ceuill’ra les nuages,

Et je t’offrirai là d’quoi oublier nos âges.

 

On s’ra comme ce qu’on est, des gamins de la balle,

Cœur au vent, cœur offert, on la vid’ra notre malle,

Tous nos secrets de môme, on les déball’ra là,

 

Et on vivra not’jour au diapason d’ not La.

Et pis on s’arrêt’ra et j’poserai dans tes yeux,

Un p’tit bout d’ton printemps pour éclairer les cieux.

 

Allez viens donc mon ange, on va faire un bout d’vie,

Chope-moi les sentiments et inventons not’vie.

 

M’a manqué une photo et j’faisais un montage,

Une autre fois…

Bisous de Mado.

 

Gisèle Grimm, mère d'Ariane

 


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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 16:21
Un individu qui tient un journal ne connaît pas, paraît-il, l'angoisse de la page blanche... sauf si on l'oblige à "écrire son journal":
En effet, au 18ème siècle et même durant le 19ème (l'école n'étant pas obligatoire), beaucoup d'enfants (filles et garçons - issus de la bourgeoisie) écrivaient leur journal sur recommandation de leurs parents qui, veillant à leur bonne éducation, y mettaient en plus leur grain sel!

je vous l'ai déjà dit, cela est arrivé, entre autres, au petit Otto van Eck qui avait reçu l'ordre, dès l'âge de 10 ans, d'écrire son journal et avait donc connu, pauvre enfant! "l'angoisse de la page blanche":
  • «Je suis allé voir papa, parce que je ne savais pas quoi écrire dans mon journal ; il m'a conseillé de lire quelque chose [...] Je l'ai fait et j'ai été très étonné de la sensibilité, la tolérance et la prudence des éléphants » (25-8-1891 - 10 ans).

Otto espère même que cette angoisse prendra fin : 

  • «La raison pour laquelle je n'ai pas tenu mon journal depuis si longtemps, c'est que j'ai espéré qu'on l'oublierait entièrement et que l'on n'en parlerait plus » (12-11-1894 - 13 ans). 

Rassurez-vous, son journal était malgré cela d'une très grande qualité et fut même publié (ici).

 

Ariane Grimm, bien au contraire, se réjouit de tenir un journal... à condition que sa mère (son père, son petit frère, ce curieux!) ne le lisent pas (ici):

 

  • Cahier de mémoire n°12 - "Pomme" - 12 novembre 1981 - 14 ans: J'aime beaucoup écrire sur la Pomme car personne ne corrigera mes fautes d'orthographe, de français, de style, et puis, je sais exactement ce que je veux dire. En rédaction, je ne sais quoi dire. J'écris pour écrire. Maintenant, j'en ai marre de cette Pomme. Je vais vite la terminer. Voici une photo très bizarre que j'ai mis(e) pendant longtemps comme poster à la Vigne. C'est très étrange.
  • Je devrais faire un cahier de photos marrantes car cette pauvre Pomme est envahie. Remarque Pomme, c'est chouette que tu sois ainsi décorée mais c'est peut-être un peu trop.

Gisèle Grimm (la transcriptrice)

 

 

 

 

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 17:16
Je cite : "Annales historiques de la Révolution" (Ouille!!!!) "L'enfance est la période de la vie où se constituent le caractère et la sensibilité humaines. Il est un type de texte qui contient bien des informations : c'est le journal intime, tenu par les enfants eux-mêmes.
À la fin du XVIIIe siècle, il y en a eu - pour la première fois - un assez grand nombre. En Hollande, on en a ainsi retrouvé une douzaine. Le plus épais est celui que tint Otto van Eck à partir de 1791, à l'âge de dix ans. Durant les six années suivantes, Otto y écrivit quasiment tous les jours. Ce journal de 1500 pages environ a été découvert voilà dix ans et récemment publié. " (ici)

Ainsi, Ariane Grimm (XXème siècle) n'est pas le seul enfant à avoir tenu son journal "en continu" dès l'âge de 10 ans et ce, comme le petit Otto van Eck, jusqu'à 16 ans! Etonnant, elle aussi a été publié.

Il existe cependant une différence de taille entre ces deux enfants :
"Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Otto ne rédigeait pas son journal spontanément. Ses parents le lui avaient demandé alors qu'il atteignait l'âge de dix ans. Ils le lisaient du reste régulièrement, car ils pensaient que le journal leur permettrait de suivre le développement mental et émotionnel de leur fils."
Or, c'est pontanément (et même dès l'âge de 7 ans, elle s'exerça et ébaucha ses premiers journaux (ici) qu'Ariane tint sans aucune consigne son premier "cahier de mémoire".

Extrait du journal d'Otto:
  • « Ce matin, quand ma mère a lu mon journal de la semaine passée, elle m'a dit qu'elle n'aimait pas ma façon de le tenir, et qu'au lieu de parler de mes jeux et de mes leçons, qui sont presque toujours identiques chaque jour, je devais évoquer ma conduite rationnelle et les passions qui me guident ou les fautes que je commets. C'est, en effet, je dois le reconnaître, plus utile » (16-5-1795 - 14 ans).

Extrait du journal d'Ariane (cahier n° 2 - entrée du 15 octobre 1977 - 10 ans - sa mère l'a obligée à mettre une robe qui ne lui plaît pas - Ce mouvement de colère se prolonge dans les pages qui suivent):

  • [...] maman est conne, méchante, imbécile, sadique, emmerdeuse, rapporteuse, méchante, con, salle désordre mais surtout sadique elle est emmerdeuse c' est brute c' est emmerdeuse de con je préfère ceux qui me déteste à elle quelle conasse elle m' oblige à mettre une robe con courte si je la met pas elle me ba elle m' oblige à mettre une robe pas belle et puis l' année dernière elle m'a aussi obligée à mettre une robe très courte quelle putasse! J' avais pleuré sangloter elle m'a battu [...]
Gisèle Grimm (la môvaise mère!)                





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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 17:00

A une époque où l'ordinateur et surtout les blogs n'existaient pas (!), en plus de son journal, Ariane s'est essayé à l'écriture de petits romans et de BD  autour d'un personnage féminin dans lequel elle se projetait: d'abord Vanie (à 7 et 8 ans), ensuite Limine (héroïne d'une bande dessinée féministe qui transposait Lucky Luke au féminin - autour de 10 ans - pardon de me répéter!) puis Line, à la silhouette provoquante (de 12 à 16 ans), qui finira par être intégrée comme une sorte de double d'Ariane dans le journal lui-même et à laquelle elle écrira en cas d'ennui ou de grosse déprime. 

Par exemple: dans le cahier de mémoire n°14 "Banana" (15 ans):


Vendredi 19 février 1982

Chose à faire quand on a rien à faire: Première chose à faire: ne pas s’en faire.

Ma petite Line, tu t'emmerdes? Tu n'as rien à faire? Tu ne sais pas quoi glandouiller? Tu traînes ta grolle devant la glace ou tu fais la chandelle sur la moquette?

Tu n'aimerais pas t'installer peinard sur ton lit pour lire «OK magazine» ou t'instruire avec «Phosphore» ?  Bof, si ça t'emmerde, lis carrément ton bouquin sérieux ou feuillette une BD.

Tu n'as peut‑être pas envie de lire, Line. Seulement les photomontages? Ou les longues histoires de Line et ses copains ?

Et puis, à part ta fatigue, tu as le moral? Ecris tes mémoires sur the Banana. Analyse tes problèmes. Non?

Et sinon, va faire ta toilette, prépare tes vêtements, et même refais un inventaire de ton armoire. Occupe‑toi de tes comptes aussi sur ton bel agenda. Non?... Tu peux t'emmerder au courrier, au téléphone. Va voir aussi tes timbres et tes photos.

Dans tes tiroirs: Dossiers, photo-montages, railway... Chez le bricolage: Travaux manuels, tricotin, perles...?

Je suis sûre aussi qu'il te faudrait d'autres cassettes de Disco pour ta chaîne. Branche ta hi­-fi sur NRJ et enregistre quelques tubes.

Sinon, je crois que ce sera très utile: Le rangement. Dépoussiération puis classement: Bureau, tourniquet, tiroirs, commodes, armoire, bibliothèque...

Peut‑être, Line, peux‑tu aider Grimm dans les tâches ménagères? Vaisselle...

Tu n'as pas faim par ailleurs? Tu peux te permettre de manger un bon bol d'Alpen ou un doux verre de lait.

Mais, j'allais oublier! Ce qui occupe le plus ton temps: les devoirs d'école. Il y a un exo de maths à faire, une révision d'allemand, une leçon de latin à revoir. Va voir ton cahier de textes.

Sinon, Line, sors un peu ou regarde la T.V., prends même un bain?!

Allez, Titou!


(Gisèle Grimm, la transcriptrice)

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 17:46
En 1982, Ariane est en vacances avec son père. A 15 ans, elle désire ardemment avoir une moto mais il refuse qu'elle en ait une. Heureusement Liedich lui a promis récemment de l'emmener sur sa Harley. lol La Mado

Copper - Cahier de mémoire n°15 : 7 aout 1982:

C'est toujours à ça que je pense quand je pense aux bécanes: la flambe. Je me vois déjà frimer à mort à fond la caisse, sans casque, avec mon walkman et mes lunettes glace, bras nus, jean serré, en fonçant comme pas possible.

C'est ce que je faisais à vélo avant!

Je doublerai les mecs qui flambent à mon tour! Putain. Pourquoi suis-je privée de ça? C'est pas juste. Comme dit intelligemment Isabelle: «Il faut que jeunesse se passe». C'est vrai, plus j'en aurai été privée, plus mon désir s'amplifiera. Lui, il croit que «mon envie passera». C'est ça.


29 août 1982 :

J'ai longuement réfléchi à cette histoire de moto.
Voilà. Je comprends. Mon père m'aime et ne veut pas me perdre par un accident de moto. Il se doute qu'à 18 ans il se passera des choses, mais au moins ma mort ne sera pas sur sa conscience (enfin si je meurs. Maintenant quand je pense à ma future moto, je pense systématiquement à ma mort. C'est incroyable, merde).

Gisèle Grimm



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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 15:24

CM1 - Cahier d'histoires - 10 ans -    L'Ange et le Diable

C'était un Ange au paradis qui voltigeait. Une petite fille au paradis s'amusait.
L'ange voulut jouer avec elle, alors ils commencèrent.
L'ange dit: "Je commande. Nous jouons à cache-cache.
- D'accord - Je compte pas. C'est toi,
répliqua l'Ange. Je me cacherai dans tout le paradis. Compte jusqu'à 10.000 000 000, va!"

Et l'Ange s'en alla jouer à autre chose en laissant la fillette - qui s'appelle Véronica - compter.
Après 1 heure, la fillette se dit qu'il fallait renoncer. Quand elle vit l'Ange, il éclata d'un ricanement.
" Ha! ha! ha! C'est bien fait. Je fais des farces. Ça t'apprendra.
Les autres anges étaient stupéfaits. Ils prenaient des airs constipés. L'Ange les regarda et les traita d'affreux cachotiers. Il dit: "Bande de cacheurs, ne prenez pas la défense d'une ordure pareille!  [...?] Vous êtes des singes puants. Vous êtes pourris."
Le Bon Dieu intervint et dit: "Du calme, s'il vous plaît! - Vous le défendez! Mêlez-vous de ce qui vous regarde!
- Hôôôô! les anges s'éloignèrent de lui, dégoûtés. Et le Bon Dieu fut embêté.
Or, au contraire, dans l'enfer, un petit diable était gentil comme on n'aurait pas imaginé: sympa, bavardant avec tout le monde. Les parents du diable se disaient: "C'est horrible! on ne peut pas continuer comme ça. On le renvoie?"
Et, au paradis, le Bon Dieu dit: "Non! Nous sommes obligés de te renvoyer!"
Le diable de l'enfer s'en alla.
Et l'Angle du paradis aussi ! .... Il arriva dans un endroit sombre. La nuit tombait.
Le diable gentil marchait dans la forêt.
Tous les deux refusaient leur caractère. Ils restèrent dans la nature sous la pluie.
L'Ange se blottit dans un coin dans les feuilles. L'autre, le diable, se mit au creux d'un arbre. Il se dit: "Je ne suis pas aimé. Je suis seul! Je veux être gentil: on me chasse. Dans ma laideur, personne ne me veut. Je suis abandonné". Il sanglota.
L'écureuil, la biche et tout le monde le fuit de sa laideur. "Ce n'est pas vrai!!!" Et le calme envahit la forêt tellement les animaux avaient fui de peur. Le diable resta tout seul et il s'endormit et rêva de vieux souvenirs.
Le lendemain - hasard - L'Ange et le diable se rencontrèrent. L'ange dit :"Mais tu es le diable! Tu n'es pas dans l'enfer? Moi, j'en ai mare d'être gentil!!!" Le diable répondit: "Moi, c'est le conraire. J'en ai ral le bol de piquer des gents pour les mettre dans le feu. - Nous pourrions échanger notre lieu mais notre race est différente...
- Oui! Il faut faire quelque chose. Que faire?!!!"
Or, il y avait personne pour faire changer le caractère de chacun.
Que faire encore?...
Puis, un jour, plus personne n'entendit parler de l'Ange et du diable et ils disparurent de l'enfer et du paradis.
FIN
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Présentation

  • : autobiographie
  • autobiographie
  • : Je suis la mère d'Ariane Grimm (1967-1985) dont vous voyez ici la photo. Ariane est une petite-grande fille qui a commencé à écrire son journal ("mes mémoires" disait-elle) à partir de 7 ans et demi et jusqu'à 18 ans... Je travaille sur la publication en ligne de son journal, de ses écrits, de ses "mémoires", ainsi qu'elle appelait son journal. Ecrire et dessiner l'amusait beaucoup... et bien plus que ce qu'elle faisait à l'école!
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