Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:34

Mémoire de recherche sur le journal personnel, une pratique d'écriture... dans lequel on parle des "écrits ordinaires singuliers" de la jeune et malheureuse Ariane. 

Alors, pour les vraiment très très curieux et surtout pour celles et ceux qui seraient intéressés par l'"Autobiographie", voici ce mémoire de recherche, travail de Mademoiselle Noémie Cadet, étudiante, intitulé : 

Écrits ordinaires singuliers. Façons de (se) dire Façons de (se) voir Façons de faire.
Mémoire de recherche sous la direction de Vaïana Le Coustumer, Vincent Rossin et Bertrand Vieillard. DSAA zzzzesign Produit, École Boulle, Paris 2016.(lien) .... 
Pour les curieux seulement!!!

 

 Voici une page de ce mémoire: 

"Ariane Grimm a un besoin incommensurable de s’exprimer qu’elle tente de combler par un projet diariste fourmillant. Ses journauxainsi foisonnent de textes de différents registres, entrées de journal, poèmes, lettres, listes mais aussi de dessins, de bandes dessinés, de collages, etc. Ses journaux sont étonnants de vitalité et d’invention. Le diariste peut tout aussi bien prendre plaisir à se cantonner à un registre d’écriture qu’à associer et hybrider les techniques." 

extraits de "cahiers de mémoire" d'Ariane Grimm

Extraits de "cahiers de mémoire" d'Ariane Grimm

 

 

 

 



 

2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:54

En ce moment, on joue au théâtre de la Porte Saint Martin à Paris "LES FEMMES SAVANTES" de Monsieur Molière... avec Jean-Pierre Bracri (chouette!) dans le rôle de Chrysale, bon bourgeois qui se fait mener par le bout du nez par sa femme (berk!)

    Dès la levée du rideau, deux jeunes filles discutent (se disputent!) au sujet du MARIAGE:

 

La plus jeune demande:

"Qu'a donc le MARIAGE en soi qui vous oblige, ma sœur...? 

- [....] Ne concevez-vous point ce que, dès qu'on l'entend, un tel mot à l'esprit offre de dégoûtant [...] et pouvez-vous, ma soeur, aux suites de ce mot résoudre votre cœur?!

- Les suites de ce mot, quand je les envisage, me font voir un mari, des enfants, un ménage... [...]

 

Et voici ce que, près de trois siècles plus tard,  Ariane Grimm écrit dans son journal sur le même sujet : 

 

Le 13 mai 1982 (elle a quinze ans): 

"Je me marre bien avec Myriam mais elle a tout de même de drôles de considérations ! Par exemple, elle est certaine que les types sont plus intelligents que les nanas, elle veut se marier plus tard à un mec et donc vivre à sa botte. Si elle pouvait, elle aurait maintenant des chiars! C'est dur quand même!   [...]

 

quelques pages du journal quelques pages du journal

quelques pages du journal

26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 13:59

Mais non! Je ne suis pas une MATER DOLOROSA (on peut traduire par "Mère de douleur se tenant debout devant la croix"), non, non, pas du tout! 

 

Et je dirai même je suis une mère heureuse quand je vois que les écrits (et le journal) de ma chère enfant sont ... pardon d'en être fière!... portés à la connaissance du public scientifique (wouah) et que, ma foi, dans 200... 300... ans... les vieux messieurs à barbe blanche seront bien contents de lire ce qu'elle a écrit... http://www.arianegrimm.net/PAGES/2.2.htm

1.Voici la maman de Pier Paolo Pasolini qui joue le rôle de l'amère du Christ. 2.Gisèle ne s'en fait pas une miette!
1.Voici la maman de Pier Paolo Pasolini qui joue le rôle de l'amère du Christ. 2.Gisèle ne s'en fait pas une miette!
1.Voici la maman de Pier Paolo Pasolini qui joue le rôle de l'amère du Christ. 2.Gisèle ne s'en fait pas une miette!
1.Voici la maman de Pier Paolo Pasolini qui joue le rôle de l'amère du Christ. 2.Gisèle ne s'en fait pas une miette!

1.Voici la maman de Pier Paolo Pasolini qui joue le rôle de l'amère du Christ. 2.Gisèle ne s'en fait pas une miette!

8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 15:48

Mais non! Lors d'un accident, personne ne meurt "sur le coup"

Ferdinand Céline l'a d'ailleurs écrit qu'on ne meurt pas sur le coup. C'était dans LE VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT - dans le "chapitre" sur "14-18":

"Moi, je savais bien comment on meurt. J'ai appris. Ça fait énormément souffrir."

 

Et Ariane Grimm l'a même écrit - trois ans avant sa mort - que cela la fera énormément souffrir:

 

Un rêve

      J'ai fait un atroce cauchemar cette nuit. C'était abominable. J'ai rêvé que papa était mort. J'étais dans ce moment-là au paroxysme du malheur, dans un état de souffrance effroyable. Je ne me souviens plus exactement des circonstances précises, mais seulement de mon état.

    En fait, quel soulagement quand on se réveille. C'était tout de même un rêve abominable.

   Quand je repense à mon désespoir! Mais ce mot n'est pas assez fort. Avoir éprouvé des sentiments aussi violents, poussés à ce point de démence, c'est hallucinant. Ça me fait peur moi- même. Quand même, c'est atroce de se sentir si mal.

Ce rêve m'a bouleversée! Après coup, ce n'est plus qu'un ignoble souvenir. J'en suis malade quand j'y repense. Ce qui est dingue, c'est que je ne pouvais être plus souffrante... Parfois, c'est dans le sens contraire que ça arrive. J'ai une bouffée de bonheur, une joie intense qui me fait hurler.

http://www.arianegrimm.net/PAGES/2.33.html

Et, pour les curieux :

http://arianegrimm.over-blog.com/2015/06/les-reves.html

 

10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 13:38

Education par le Journal?

Danger aux indiscrets

"La personne qui lira ce cahier sans la permission de son propriétaire, ne sera pas en pleine sécurité...", écrit Ariane Grimm en tête de chacun des cahiers de son journal.

http://www.arianegrimm.net/PAGES/2.39-1.html

 

Allons bon! C'est bizarre car au 18ème siècle, tenir un journal était une technique d'éducation que le jeune (fille ou garçon) devait l'écrire sous l'œil d'un éducateur! Cela ne se passait pas toujours très bien car si Ariane écrivait avec plaisir, nombreux étaient les jeunes que la chose ennuyait... et le journal et l'éducation se terminaient parfois en eau de boudin.

Mais à l'époque (en 1795), ce ne fut pas toujours le cas, non pas pour le journal de l'élève, mais pour celui de son précepteur qui s'était aperçu très vite que sa mission d'éducateur était désespérée: Son élève était paresseux, distrait, bavard, indifférent... Pendant quatre mois, le pauvre homme a tout essayé mais, hélas, rien n'y fit! Alors, très consciencieux, il a tenu pour lui-même un journal de son calvaire pédagogique.

(Journal inédit et anonyme, découvert par Philippe Lejeune à la Bibliothèque de Grenoble).

 

​Pour les curieux : voilà où j'ai pris connaissance de ce qui a passionné Ariane:

AUX ORIGINES DU JOURNAL PERSONNEL - france. 1750-1815. de Philippe Lejeune. Honoré Champion, Paris.

AUX ORIGINES DU JOURNAL PERSONNEL - france. 1750-1815. de Philippe Lejeune. Honoré Champion, Paris.

20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 22:22

A l'ombre des jeunes filles en pleurs... Merveilleux article paru dans le TÉLÉRAMA du 6 au 19 août.

 

Journal, ô mon miroir!

"Fais comme moi: donne un miroir à la vie. Donne une heure à l'enregistrement de tes impressions, à l'examen silencieux de ra conscience...." tel est le précieux conseil qu'une mère donnait à sa fille il y a plus de deux cents ans.

 

    En effet, écrit la journaliste Catherine Crom: "Dès le seconde moitié du XVIIIe, les jeunes filles s'y épanchèrent (dans leur journal) ... sous surveillance. Les cahiers intimes de Claire Pic, de Catherine Pozzi ou de Marie Bashkirtseff révèlent un art subtil du non-dit et de frappants éclats de vérité.

 

... Et de citer une de ces jeunes filles: Claire Pic qui écrit un soir de septembre 1866 :

J'aime ce pauvre journal comme un être vivant et sympathique. Mes peines journalières, petites ou grandes seraient pour la plupart si peu comprises autour de moi. Ces pages blanches m'écoutent patiemment, n'oublient rien, et sont tout à moi, sans aucune personnalité à s'opposer à la mienne....".

 

A un peu plus d'un siècle de distance, en 1982 Ariane Grimm parle elle aussi de son journal:

Quelque chose me fait énormément de peine. Je pense seule, j'écris sur le papier mes pensées seule et je change même d'avis. Sur le papier, je suis vraiment seule...  Dommage que je n'aie pas une meilleure amie pour tout lui confier (il faudrait qu'elle soit à la hauteur!).  Déjà pour partager mes aventures avec les mecs, je n'en trouve pas ; alors pour discuter sérieusement de problèmes si graves, c'est impossible. Enfin si, c'est possible ! Il faudrait que je cherche dans les plus de 17 ans...

http://www.arianegrimm.net/PAGES/pdf/claire-pic-ariane-grimm.pdf

 

il s'agit du cahier Banana que nous avons déjà bu. Ce cahier a été "joué" par les jeunes filles de la Compagnie des Infortunes à Lyon et dans toute la région Rhône-Alpes.

il s'agit du cahier Banana que nous avons déjà bu. Ce cahier a été "joué" par les jeunes filles de la Compagnie des Infortunes à Lyon et dans toute la région Rhône-Alpes.

9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 18:28

Qu’est ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire ! Qu’est ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire ! Qu’est ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire !

 

A cette question que psalmodie la jeune Anna Karina dans le film de Jean-Luc Godard (sorti en 1965), Ariane Grimm répond seize ans plus tard (le 5 décembre 1981) en s'adressant à son double: "Line":

 

Choses à faire quand on a rien à faire.

Première chose à faire: ne pas s'en faire.

Ma petite Line, tu t'emmerdes? Tu n'as rien à faire? Tu ne sais pas quoi glandouiller. Tu traînes ta grolle devant la glace ou tu fais la chandelle sur la moquette.

Tu n'aimerais pas t'installer peinard sur ton lit pour lire «OK magazine» ou t'instruire avec « Phosphore » ? Bof! Si ça t'emmerde, lis carrément ton bouquin sérieux ou feuillette une B.D.

[...]

Mais, j'allais oublier! Ce qui occupe le plus ton temps: les devoirs d'école. Il y a un exo de maths à faire, une révision d'allemand, une leçon de latin à revoir. Va voir ton cahier de textes.

Sinon, Line, sors un peu ou regarde la T.V., prends même un bain?!

Allez, Titou! http://www.arianegrimm.net/PAGES/2.7.htm

Question très importante! Ariane y a répondu dans un autre cahier: "BANANA"... en 1982

Question très importante! Ariane y a répondu dans un autre cahier: "BANANA"... en 1982

2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 15:50

Oui, très bizarre... Ariane Grimm écrit souvent dans son long journal: "Ma vie est courte" ... ???

 

Cahier n°14 - BANANA - Les dernières lignes de l'Entrée du 11 mai 1982 (15 ans):

[...] Je me sens forte, je me sens intelligente. Je suis intelligente. Et en plus, je suis belle. Mais vraiment. Pas comme Grimm. Oui, j'ai confiance en moi.

Dommage que la vie soit si courte. J'aurais aimé profiter de ces facultés intellectuelles et physiques très longtemps.

Enfin, il ne faut pas penser à ça.

 

Cahier n°13 - FAUVES - Entré du 12 décembre 1981 (14 ans et demi):

Quelque chose me fait très plaisir : C’est J.F., mon psy [...] Il m’a regardé dans les yeux juste avant que je parte et m’a dit : « Tu ne trouves pas que c’est beau la vie ? » et cette question pleine de conviction qui était plutôt une affirmation

     - au début, je lui ai dit : « Elle est trop courte. » car pour moi, j’étais tellement mal que lorsque je serai guérie, je serai un peu vieille. Tant de temps pour avoir le reste de ma vie agréable ! Enfin, lorsque j’y repense, J.F. m’a redonné confiance.

 

Cahier n°10 - POMMES - Entrée du 26 octobre 1981:

Vous savez, je ne sais comment écrire… je n’aime pas écrire… j’écris mal… J’ai eu des points de moins à ma rédact pour mon écriture. C’est dégueulasse. Je reste devant la feuille de La Pomme (nom du journal) sans rien écrire. Je perds mon temps, mais même je ne pourrai pas travailler, ma vie est courte… on ne vit pas longtemps… et que suis-je devant l’humanité ? Je suis une parcelle de milliards de l’univers… et c’est bizarre que cette petite chose soit malheureuse.

 

??? Solitude et enfant mal aimé (mal léché par sa mère... comme un "ours mal léché")...!!! http://www.arianegrimm.net/PAGES/2.32-d.html

 

 

 

24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 21:10

   Dèjà, en 1788, une jeune fille tutoie son "papier". Elle est hollandaise, elle s'appelle Magdalena van Schinne (1762-1840) et ne connaît pas le mot "journal" (intime... personnel...???)

 

O mon papier, tu seras désormais l’unique dépositaire de mes idées, de mes sentiments, de mes peines et de mon bonheur. Ici, je pourrai épancher mon âme tout entière […] Toi seul, tu seras mon confident.

 

   Ariane (Grimm) (1967-1985), elle aussi tutoie son "journal", ce "papier" qu'elle appelle "Copper":

 

Juillet 1982 : Ah! Petit Copper, que je suis contente de t'avoir trouvé. Je pourrais fumer, boire, me camer, prendre systématiquement du féca, plus jamais de sport, plus jamais t'écrire, mon chéri, et j'en serais au point du suicide. Je ne me suiciderais pas mais je raterais mes études sans me fendre pour autant. Je deviendrais une pauv'fille.

Mon chéri Copper, je t'écris, et avec mon courage, je sors d'une torpeur gigantesque. Je fais face, j'affronte. C'est atroce. Je me bats. J'ai mon cœur brisé. Faudrait que j'éclate en sanglots, mon petit Copper, car depuis le cauchemar de Richard, il s'est rien passé. J'ai découvert moralement sur toi toutes mes pensées, mais physiquement, je n'ai pas lancé le cri du désespoir, j'ai pas chialé pendant une heure pour me vider. Je sens que j'en ai très envie.

                      

"C'est meilleur que ce à quoi je goute moralement tous les jours"... écrit Ariane dans son "papier" (Copper)

"C'est meilleur que ce à quoi je goute moralement tous les jours"... écrit Ariane dans son "papier" (Copper)

13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 16:24

Ariane écrit sa vie dans son journal pour se rassurer quand elle se retrouve seule à la fin du range! Et cela lui donne bien du talent!

 

Mercredi 6 juin

Aujourd’hui, je me fais deux nattes. L’après-midi, au lieu d’aller à la bibliothèque, je commence un nouveau roman policier. Maman part travailler alors j’ai la paix.

Ariane

(Moyenne journée - maman râle)

 

[Pour les curieux seulement: cliquer sur le lien]

Présentation

  • : LE BLOG D'ARIANE GRIMM
  • LE BLOG D'ARIANE GRIMM
  • : Je suis la mère d'Ariane (1967-1985) dont vous voyez ici la photo. Je travaille sur la publication en ligne de son journal, de ses écrits, de ses mémoires.
  • Contact

Recherche

Pages