Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 20:06
Une petite page du cahier de mémoire n°15 "Copper". Ariane (15 ans) est en vacances avec son père (Richard) et son petit frère (Mathias). Ses parents sont divorcés. Sa mère, vous la connaissez: Ariane l'appelle GRIMM ou SOURCE... selon son humeur ou... les circonstances...

                                   Lundi 26 juillet 1982 -


    Le truc le plus mal qui pouvait arriver arriva: je me suis engueulée à mort avec Richard (père d'Ariane). Voilà: j'étais peinard en train de bouquiner quand j'entends un bruit terrible de verres cassés... de «flack!»... Richard avait renversé la poubelle! Comme ses chiens, nous nous sommes amenés, Mathias (petit frère d'Ariane) et moi, pour tout ramasser. Je dis comme ses chiens car si la catastrophe était arrivée à l’un de nous deux (Mathias ou moi), plusieurs réactions de Richard auraient été possibles:


    - La moquerie: « oh oh oh! Tu vas être bonne pour tout ramasser. »

    - L'engueulade: « C'est malin! »


    Ensuite, à quatre pattes en train de finir d'essuyer ses conneries, je dis: «Il faut que j'aille au village.» C'est tout de même à lui de passer le coup de balai final! Je me lève... «Espèce de petite imbécile! Toujours un prétexte pour te relever avec ton air de mijaurée!» (Qu'est-ce que ça veut dire «espèce d'imbécile»?) «Veux-tu rester pour m'aider», etc.


    Le truc est atroce car, vous voyez, la seule personne en qui j'avais confiance se met aussi contre moi. Et vous comprenez, je crois que quand ça va mal avec ses parents, tout le reste semble aller mal aussi. Car moi, je n'ai pas d'autres points d'appui. Je n'ai pas une solide bande de copains pour compter dessus. En plus, et c'est fondamental, mes parents sont divorcés et très différents; j'entretiens avec eux des rapports dissemblables... Ce qui fait que si avec les deux, ça va mal, c'est comme si c'était avec tout le monde! Ils représentent des mondes différents... S'ils étaient ensemble, ils formeraient un bloc compact; si ça clochait, boh! je me dirais: «Deux cons similaires qui s'aiment et qui me les cassent, c'est tout!»  Mais franchement, dans ce cas, ça me fait trop douter de moi.

  ...........

 

Gisèle Grimm, la transcriptrice (Extrait de "La flambe"

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 11 2009 18:12
En septembre dernier, j'avais remis - à sa demande - à Philippe Lejeune, le spécialiste de l'autobiographie, l'original des PREMIERS ÉCRITS d'Ariane (LIEN) pour la conférence intitulée "PARFUMS D'ENFANCE" qu'il devait faire à Genève et qui vient d'avoir lieu (LIEN) . Et voici que maintenant, il m'est demandé de faire la classification et le répertoire des écrits d'Ariane !!!!! Heureuse et flattée, vous imaginez ô combien! mais terriblement angoissée car c'est un travail de Titan!!! Aussitôt, j'ai demandé de l'aide!

Hier après-midi, une amie.... bibliothécaire est donc venue gentiment dans la maison d'Ariane (la mienne) pour me donner un coup main et, d'emblée, elle me dit : "On va commencé par le journal intime". Horreur!!!!! Ce mot, Ariane n'en voulait à aucun prix!

Voici les noms qu'elle a donné au fil des âges à son journal:

A 7 ans et demi : Carnet des jours, mois et semaine


A 8 ans: Carnet de la matinée

A 8 ans et demi, si on retourne le carnet, elle l'appelle:  Impression des choses : Ariane y tient une étrange comptabilité de rêves et de cauchemars.

Puis à partir de 10 ans et jusqu'à 16 ans : Cahiers de mémoire  (17 cahiers qui portent un nom) qu'elle appelait plus globalement "mes mémoires" , et dont elle a fait la liste:

………………

Amis blogueurs, souhaitez-moi bon courage et pardonnez-moi si je disparais pendant plusieurs jours. S'il vous amusait d'avoir une petite idée du travail qui m'attend, jetez un oeil sur la page d'accueil du site que je fais depuis 2005 sur les écrits dAriane (LIEN). Sachez que je vous remercie pour tous vos encouragements.

La mère d'Ariane







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Lundi 16 novembre 2009 1 16 11 2009 19:45

Ouf ! J’ai terminé la « mise à jour »  du site que je fais chaque mois sur les écrits d’Ariane : Lettres dans les cahiers de mémoire (LIEN). Je vous en avais déjà parlé : Ce sont quelques-unes des lettres que j’ai trouvées dans les cahiers : collées ? écrites à l’aide d’un carbone ? envoyées ? Pas envoyée ? Eh oui ! Tout ça !


[...] et je pense beaucoup à toi.

Tu vas te demander pourquoi j’écris au carbone. C’est tout simplement parce que je veux avoir un double de ce que j’écris car ça m’emmerde de faire une double version pour mon cahier de mémoire.

 

 

J’avais bien envie de vous montrer « la lettre de mon Jacky » qu’Ariane a collée dans son cahier mais quand on la compare à celle que lui a écrite Liedich en août dernier (LIEN), point de vue littérature, elle ne fait pas le poids ! Aussi ai-je préféré rester dans la ligne de ce que vous connaissez bien... Alors voici la lettre qu’elle a adressée à son cahier de mémoire n°17 « Vanilla » (elle a 16 ans) :

 

Entrée du Jeudi 5 mai 1983 - Comme elle le fit avec  tous ses cahiers, elle s’adresse à eux en tant qu’interlocuteur en appelant chacun par son nom : « Pommes », « Fauves », « Banana », « Copper », « Pop-Corn », et :

  Petit Vanilla,

 Vraiment, je me sens pas bien. Je suis hyper angoissée. Je crois que la cause véritable de cette douleur vient de mes parents, de mon enfance. Je souffre atrocement à cause de Grimm. Ce n'est pas de ma faute mais je ne supporte pas ses baisers, ses caresses. Ça m'exaspère intérieurement quand elle me dit: «Je t'aime».

     Quant à mon père, je l'adore, mais dès qu'Odile arrive, c'est à elle qu'il parle. Et ce que je ressens évidemment, c'est que quand elle n'est pas là, il me parle par dépit, c'est sûr. Il préfère lui expliquer à elle tout ça. Ça me désespère, ça m'humilie.

                                              Ariane

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Gisèle Grimm, la transcriptrice

 


 



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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 17:59
Entrée du 2 février 1814:  Avec quel plaisir je reviens à toi, mon cher registre, toi le confident le plus intime et le plus secret de mes pensées, toi que je quitte et reprends sans que tu murmures, toi qui marques comment, pourquoi et de quelle manière j’ai vécu, ce qui m’est arrivé d’heureux ou de malheureux dans mon obscurité, toi à qui je confie mon bonheur et mes peines, qui te complais aussi bien dans le désordre de mes pensées que dans mes actions les plus sages et les plus prudentes, toi qui m’as plus d’une fois arraché à l’ennui de vivre.[...]

Non, non! Ce n'est pas Ariane Grimm qui a écrit ces lignes mais un avocat grenoblois Antoine Métral (1778-1839), qui tint son journal et qui, à la fin, l'embrasse "comme des lèvres tendrement aimées".

Et voici ce qu'écrit Ariane à la fin de son cahier de mémoire n°15 "Copper" (Hier: LIEN) auquel elle aussi s'adresse en l'appelant par son nom:
 

   J'arrête pas de reprendre Copper pour raconter quelque chose dans la même journée. Je m'aperçois que cet amour est déjà fini. Ça me rend un peu triste. Bon, bien sûr, c'est moi qui écris, qui continue, mais... je vais quitter ce beau cahier de mémoires. C'est le plus intéressant de tous. Toutes ces analyses, ces sentiments, ces impressions.

    Je vais pouvoir commencer « Pop-corn » pour la rentrée. Et je le répète, pour 10 francs, ce cahier est le meilleur remède pour le déses. Car je suis en bonne santé à part ça. C'est mon courage et ma volonté de m'en sortir qui m'ont amenée à ce point. Grâce à mon petit Copper.

   J'aime parler de mon passé avec mépris et dire: «J'étais... j'étais» car en fait n’est jamais sorti de son déses! Ça me permet de me confier en me réconfortant, sans être humiliée ni tourmentée par la vérité, et de raconter très simplement, sans en rajouter, ni passer à la passoire, ce que je suis.

    Je pense à cette Odile (belle-mère d'Ariane) (je ne l'aime pas trop. Je ne sais pas où j'en suis avec elle). Je lui disais: « C'était terrible dans le midi. J'étais nerveuse... Je ne pouvais pas dormir, etc. »

 

   J'ai encore vachement de trucs à raconter. Je les dirai à Pop-corn.

    Mon petit Copper, je veux pas te quitter comme ça. (Ça me fait du bien d'imaginer une personne dans Copper. Ça devient plus sympa)

 

Merci pour tout. Merci, Ariane.

       Je t'embrasse sur les lèvres, Copper.

             Ariane    



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Gisèle Grimm, la transcriptrice




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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 18:26
Ariane, comme beaucoup de jeunes, était gourmande. Elle adorait les patisseries. Il est donc bien naturel qu'elle en aie collé des images dans son journal. Voici la page de son cahier de mémoire n°15, "Copper", dans laquelle, en pleine dépression nerveuse à l'idée de quitter à la rentrée sa mauvaise mère - appelée sèchement Grimm ou Source, selon son humeur - pour aller vivre définitivement chez son cher papa (lien), elle reprend goût à la vie grâce à ces délicieuses patisseries. (Aout 1982 - 15 ans):

C'est meilleur que ce à quoi je goûte moralement tous les jours



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Gisèle Grimm, la transcriptrice


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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 11 2009 22:55
 Isae et Gilbert, histoire

La mère d’Ariane était une femme coléreuse et facilement énervée mais elle racontait de jolies histoires. En témoigne cette lettre d’Ariane, écrite à 7 ans :


Maman je t’aime. je vais vite faire ma toilette comme d’habitude et après je te lirai mon livre de lecture, tu me raconteras une histoire petite, si tu n’es pas d’accord, allons se coucher à 8 heures comme chez les petits filles [modèles], je suis heureuse, je t’aime. jeudi 4 avril 1974.

 

Aussi, est-il permis d’imaginer que, très jeune (à 7/8 ans justement!)  c’est pour faire plaisir à sa coléreuse maman qu’Ariane écrivait des histoires que, vraiment douée pour le dessin, elle ne manquait pas d'illustrer (LIEN):

 

"Sous la terre, on a découvert la fortune"

(histoire d'Isae et Gilbert)

 

    Isae était une petite fille. Elle avait neuf ans, avec son frère Gilbert qui avait huit ans. Pour les grandes vacances, les parents d'Isae et de Gilbert allèrent à la plage. Isae était brune et Gilbert, blond. Ils couraient sur le sable. Gilbert avançait en marchant le premier... et tomba dans un trou. Isae sauta dedans pour le rejoindre : Gilbert, où es-tu ? cria-t-elle: Je suis là ! dit Gilbert qui était loin, loin, loin d'elle. Mais Isae l'aperçut et courut le rejoindre.”

    Tout à coup, Isae entendit une onde étrange : OUOUouou AAAaaaa Rllliiiiii. C000oooooo L000oooooo. NE PAS ALLER AU FOND DE CE COU... LOIR. Isae eut peur. Gilbert courut vers elle. Attention Gilbert ne court pas  ! LE DANGER ! - Mais la personne qui me parle ! dit Gilbert, pourquoi je dois pas courir ? - TU VERRAS ! ATTENTION !  Les deux enfants... muets ! grelottaient de peur et de froid. Les pauvres étaient en maillot de bain !

    Puis ils avancèrent alors doucement. Ils virent un coeur en pierre. Etonnés, ils avancèrent en l'examinant. Puis, un mannequin avec une perruque rousse, un chapeau vert avec une rose artificielle accrochée dessus, un veston vert, une chemise bleue et blanche et un pantalon jaune, puis des souliers bruns avec des guêtres... Les enfants, se serrant la main, le regardaient [...] Isae dit "vous savez! ne nous faites pas de mal nous sommes des enfants qui étaient sur la plage et nous sommes tombés dans ce trou !" Puis le mannequin répondit : “Ah ! chers enfants ! moi aussi, je suis un grand garçon ! Et je me suis déguisé en mannequin !” Alors, l'homme enleva sa tête de mannequin et l'on vit sa tête d'homme et puis le reste.”

    Tous les trois, ils s'en allèrent près d'un couloir, cherchant à revenir sur la plage. Ils rencontrèrent un monstre. Puis le monstre courut après eux. Gilbert, coincé contre le mur, poussa un hurlement car le monstre était près de lui et faisait le barrage... Il se faufila le long du mur et gagna l'autre endroit. Le grand garçon se fit prendre et emmener dans une salle !

    Les deux enfants se laissèrent prendre pour aller avec le garçon. Puis en arrivant dans la salle, tout était mystérieux : il y avait une horloge, une table, un pot en porcelaine blanche et jaune, des couvercles de boites en diamants multicolores, et des lampes avec des abat-jours en papier divers. Tout était beau.

    Puis, une porte s'ouvrit... Les trois enfants se tenaient droits et s'inquiétaient... Puis, une fée entra. (Le grand garçon s'appelait Bruno.) La fée dit : Gilbert, Isae, Bruno, je suis la fée... Si vous voulez aller sur la plage, venez avec moi !

    Un coup de baguette magique ! les enfants se retrouvèrent sur la plage.

    Isae ouvrit les yeux : elle se retrouvait dans un trou, dans le sable ! Elle était tombée et avait rêvé.., mais dans son rêve, le trou était très profond.........! FIN.

 

 

 

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Gisèle Grimm, la transcriptrice

 

 

 

 

 

 

 


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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 11 2009 18:41
Vol de Chocolat (suite):

Pendant le mois d'avril 1979, en Suisse, à la colo, Ariarne - 12 ans - a commis un abominable larcin de tablettes de chocolat (elle a même collé sur son journal l'enveloppe de la tablette) (Lien). Après s'être fait harponnée sans ménagement par la furibonde "bonne femme" qui tenait la caisse, Ariane écrivait en conclusion: "Plus jamais je ne volerai. Je tremble en regardant que j'avais volé en fait deux autres tablettes. Presque en pleurant, voulant me cacher, tremblante, je rentre."

Quelques mois plus tard... à Paris cette fois, nouveau récit de vol dans le journal d'Ariane! Il semble qu'elle n'a pas su faire profiter Abigaël,  sa nouvelle copine, de sa cruelle expérience. Mais on peut se poser la question: est-il raisonnable d'exposer de délicieux chocolats dans les magasins quand il n'y a qu'à tendre la main pour s'en saisir ?!!

- 6 décembre 1979 (Cahier de mémoire n°8 - Ariane et sa copine Abigaël ont 12 ans et demi) :


[...] Ce soir, avec Abigael, nous allons à Codec. Elle pique des tablettes de chocolat.

Mais voilà qu'elle se fait prendre! Nous allons au poste. Moi, c'est pas la peine que je vienne. Je n'ai pas été prise sur le fait. Il y a un mec barbu qui questionne Abigaël.

"Alors, pourquoi vous volez?

- …

- C'est pas beau... Vous allez aller au poste de police".

Mais il nous laisse partir, sans plus. Nous sortons.

J'ai presque été aussi humiliée qu'Abigaël et je suffoque encore.

Nous allons nous promener sur les quais; puis, je rentre rue des boulangers.

        Bonsoir.

Annick

Signes: bonne journée, maman râle


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Gisèle Grimm, la transcriptrice

 

 

 



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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 11 2009 19:18
Ariane est en colonie en Suisse... à Wasserwendi. Elle a 12 ans.

 

Mardi 17 Avril 1979  (Cahier de mémoires n° 5)

 

          Avant, jamais je ne volais. Comme tout le monde le faisait, j'ai essayé.

 D'abord chez Fahner.

          C'était dur car il y avait trois bonnes femmes qui gardaient le magasin. J'ai tout de même réussi à prendre un paquet de bubble-gum sans sucre pour Grand-père ou Mamie.

 Ensuite, nous allons chez l'épicière. Là, je pique plein de bonbons et de chocolats.

 C'est drôle, le fait d'écrire tout ça fait battre mon coeur et j'ai peur.        

          Nous allons ensuite dans une papeterie: j'achète des petits autocollants holly-hobby: 5 francs. Je pique des perles vertes. Et là, je tremble énormément, je pique une petite trousse en cuir bleu avec quatre crayons feutres with a bloc. Je cours me planquer. J'ai peur, très peur.

          Delphine aussi elle a piqué.

 Je revole une carte postale et j'achète un énorme paquet de Treets: 5 frs.

          [...]

 

           Delphine et moi allons chez l'épicière et nous essayons de voler encore. Je suis tellement décontractée quand je vole, je me sers comme n'importe quoi, rêvassant en peu.

          Arrivant à la caisse pour quand même payer quelque chose... quelque chose me réveille.

          Là, mon rêve s'arrête, mon coeur bat, ma sueur coule, je tremble.

 "Passe-moi ton sac!"

         Je croyais mourir de peur.  Heureusement, je garde mon calme.

 "Et ça?”, elle sort de mon sac une tablette de chocolat. Elle se met à hurler, me menaçant d'une claque.

          Sa collègue arrive.

          Les autres colons prennent ma défense, affirmant que la tablette a été achetée à Meiringen.

         Je paie la tablette plus deux autres que je comptais payer. Mon coeur bat. J'ai honte.

 

         Plus jamais je ne volerai. Je tremble en regardant que j'avais volé en fait deux autres tablettes.

          Presque en pleurant, voulant me cacher, tremblante, je rentre.

 

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Suite de cette horrible affaire dans mon prochain article (Gisèle Grimm, la transcriptrice).

 

 

 

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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 17:48
Fin octobre, début novembre de chaque année, Ariane et sa mère allaient au cimetière sur la tombe de Grand-Mère disparue au moment de la naissance d'Ariane qui, de ce fait, ne l'avait pas connue. Aller "la voir" au cimetière était amusant puisqu'Ariane avait le droit de ramasser les marrons alentour, tombés des arbes, et de les ranger en rangs d'oignons ou en rondelles sur la tombe. On s'en doute, comme elle le fit pour tout ce qu'elle voyait, entendait, vivait, Ariane a illustré cette visite au cimetière :


La Grand-Mère d'Ariane s'appelait Reine, un très joli nom! Dans l'imaginaire de la petite fille, sa grand-mère était donc une Reine! Elle se faisait raconter des histoires sur la vie de cette femme qu'elle n'avait pas connue et un jour, elle ne put s'empêcher d'adresser à sa mère un petit mot concernant Reine :


1975 (Ariane a sept ans et demi) : Chère maman, je rêve toujours de ta maman. Et tu sais que quand je suis à l'école, je pense à toi et à Reine. Vous êtes belles toutes les deux.







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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 10 2009 13:11
Voici la suite du récit de l'accident de vélo (lien) qu'Ariane a eu en 1982 (elle avait 15 ans), récit dans lequel elle parle de "Source", sa mère, appellée généralement "Grimm" dans le journal:

[...] Si Source m'avait vue agonisant sur le trottoir avec mon trou béant, comme un puits pissant le sang, inondant la surface de mes jambes...

 

   Vous savez, j'ai finalement un goût pour la vie parce que s'il avait fallu mourir! De toute manière, je n'ai pas eu peur de la mort après avoir été renversée. Je voulais me tirer vite. Je me savais en tort.

   Je me tordais de douleur. Le gars m'a portée. J'avais tellement mal que j'ai pas pu me relever. J'aurais pu rester avachie sur la chaussée sans bouger.

   Cet accident est arrivé tellement vite.

   Le moment le plus dramatique, c'était quand j'ai foncé et que j'ai vu la voiture. Trop tard. J'ai été projetée contre le capot - il était blanc - puis repoussée par terre. Quelle horreur. Si j'avais pu faire autrement.

  Vous savez à présent, je réfléchis et j'arrive à une conclusion dingue mais pas impossible: mon accident pouvait très bien être évité, et ma véritable intention était de me suicider, de me faire mal. Car j'ai parlé avec les autres et dit: «Si au moins j’avais pas été poster ces lettres!» mais intérieurement, je sais que si ça n'avait pas été à ce moment, ç'aurait été à un autre.

   A chaque coup, j'étais pas prudente. Plusieurs fois, j'ai fait freiner des caisses au dernier moment.

   Mais je me sens innocente. Vous vous rendez compte, être blessée comme ça! Ça fait super peur les bagnoles. C'est dingue comme un petit cycliste est vulnérable par les caisses. D'un côté, je suis terriblement traumatisée par cet accident. Il aurait tellement pu être évité. Quelle négligence de ma part. C'est sûr...

   Et puis je vais mieux moralement (c'est infime) car j'ai un problème concret. Je sais ce qui va pas parfaitement et ça vient pas trop de ma tête.

   Je suis vachement impressionnée quand même. Je revois pêle-mêle et en accéléré l'accident quand la voiture est arrivée sur moi. Bouh! Ça fait peur.

   Heureusement que j'avais un pantalon. Cette si grosse voiture! Elle aurait pu me tuer. Ce que je suis obsédée par cette histoire.

   Tout le monde a l'air de s'en foutre. Moi, je tremble. J'ai en plus tellement mal physiquement. Entre nous, j'aurais aimé qu’elle me voie tout à l'heure sur le trottoir! Pourquoi? Parce que c'est la seule qui aurait vraiment réagi à mon accident. C'est très grave ce qui m'est arrivé. Et tout le monde a déjà oublié... sauf moi...

 

 

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(Gisèle Grimm, la transcriptrice)


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  • arianegrimm
  • : Je suis la mère d'Ariane (1967-1985). Je travaille sur la publication en ligne de son journal et de ses écrits.
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